5- Église de Vieux-Pont

 

Le nom du village de Vieux-Pont-en-Auge serait lié à l'existence d'un pont jeté sur l'Oudon entre les sites gallo-romains de Lisieux et de Jort.
En 1833 Arcisse de Caumont présente cette église comme "l'une des plus anciennes et des plus curieuses du Calvados". En 2005, l'édifice (a) apparaît tel qu'il a été décrit à cette époque mais conserve le secret de son origine. Seul l'examen attentif des appareils de ses différentes structures a permis de formuler quelques hypothèses sur l'histoire de sa construction.
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L'église en 2005 a

Angle sud-ouest de l'édifice b


Dessin de la façade-pignon (1867) c


Sur le mur méridional de la nef (a,b), des triples couches de briques plates alternent avec plusieurs rangs de moellons noyés dans du mortier. Ce type d'appareil était très utilisé au cours du Bas-Empire romain et du haut Moyen Âge. En Anjou, plusieurs églises antérieures au Xe siècle possèdent ces caractéristiques.
 
Ces structures horizontales se prolongent sur la façade-pignon (b,c). Celle-ci est agrémentée d'une bande et d'un fronton en 'opus reticulatum'. Elle a été enrichie d'un arc roman et d'une petite niche au-dessus de la porte, respectivement au XIIe et au XVIe siècle.
 
La tour du clocher (d) est accolée à l'angle du chœur et de la nef. Son soubassement pourrait être pratiquement contemporain du reste de l'édifice. L'appareil particulièrement soigné de la partie haute du premier étage, est constitué de petites pierres taillées encadrées de blocs d'angle massifs (d,e). Les étages supérieurs sont d'époque romane et montrent sur toutes les faces, d'abord des arcades aveugles sur pilastres (e), puis une fenêtre percée de baies géminées (f) et enfin une étroite ouverture cintrée.
La toiture pyramidale est de construction plus récente.
À la base est du clocher, une inscription (g) précise le nom du constructeur sans que l'on sache s'il faut lui attribuer l'édification de l'église ou de la tour : "le 7 des ides de février mourut Rainauld ; il naquit de la race des Francs. Que son âme repose en paix. Amen. Il a fait cette église." L'analyse épigraphique montre que cette plaque serait antérieure au début du XIe siècle.
 

Pour en savoir plus, voir :
A. de Caumont : Statistique monumentale du Calvados V
L. Musset : Le Pays d'Auge (février 1967)

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Dessin de la façade sud du clocher (1867)d
Appareil du premier niveau de la tour et arcades aveuglese Fenêtre cintrée à colonnettesf Inscription désignant "Rainauld" comme constructeur de l'édifice g
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