4- Coupesarte

 

Le village de Coupesarte possède l'un des plus curieux et des plus admirables manoirs du Pays d'Auge. Paradoxalement, l'histoire de ses origines et de sa raison sociale primitive est peu connue.
Le manoir actuel est construit sur une terrasse rectangulaire entourée de fossés. Les traces d'une ancienne tour trouvée dans les eaux à l'angle sud-ouest de la plate-forme laissent penser qu'un système défensif entouré de douves occupait déjà le site au XIe siècle.
Édifié au XVIe siècle, le manoir aurait pu être une possession de la famille d'Anisy puis de la famille Le Prévost jusqu'à la fin du siècle suivant. Un sieur de Coupesarte est mentionné en 1653. La famille Le Viconte en prend possession peu avant la Révolution.
 

Le corps du logis : façade côté cour a Aile nord : façade côté cour b
 

Surplombant les douves à l'est et au nord, les deux parties du bâtiment en "L" s'ouvrent sur une vaste cour bordée d'arbres. À l'est, côté cour, la structure du corps de logis est celle d'un ouvrage du XVe siècle (a). La façade a gardé de nombreux détails caractéristiques du bâti primitif. L'ossature est massive avec un encorbellement très marqué. La sablière d'étage et la sablière haute reposent sur des abouts de sommiers (ou de faux sommiers) renforcés par de puissantes consoles. L'entrecolombage du rez-de-chaussée a gardé l'apparence d'un torchis enduit à la chaux.

L'aile nord (b) est plus récente, pourtant sa construction et les diverses restaurations ont été réalisées avec le souci constant d'harmoniser les transformations de façon à conserver une cohérence architecturale. Toutes les façades présentent la même élévation (d). Le rez-de-chaussée possède un colombage serré dit "tant plein que vide" strictement vertical. La sablière d'étage supporte un bandeau continu de croisillons et en partie haute le colombage laisse apparaître quelques écharpes simples. Côté cour (a,b) les combles aménagés sont agrémentés de quatre lucarnes à croupe percées de baies sur allège à croisillons. Côté douves, deux échauguettes soutenues par trois aisseliers de bois et couvertes en essentes de châtaignier (c) assurent une symétrie à la façade est. Le rose de l'entrecolombage de tuileau se mêle aux bruns du bois et des tuiles pour parfaire l'unité de cet ensemble.
 


L'échauguette à l'angle nord-est c

Détails de l'élévation d


Verdure, eau et colombages de la façade nord e


Ce paisible manoir rural aux allures de maison-forte doit son charme attachant autant à l'originalité de sa structure qu'à son environnement exceptionnel. C'est un lieu magique propice aux élans romantiques et aux évasions vers un passé teinté de mystère (e).

Pour en savoir plus, voir :
Y. Lescroart et R. Faucon : "Manoirs du Pays d'Auge "
Y. Lescroart : "Le Pays d'Auge" (avril 1976)

 

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