Le manoir de La Bretèche

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Propriété de Me et M. Reyboubet - Commune de Camembert
Une bretèche ou bretesse est un petit élément de fortification placé en façade d'un bâtiment.
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La parcelle sur le plan terrier de 1775 a
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Le clos La Bretèche en 1775 b
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Le plan terrier de 1775, décrit un vaste domaine dont les différents éléments forment la vavassorie* noble de "La Brétesche" (a). L'existence d'une vavassorie à camembert est très ancienne, son appartenance à l'abbaye d'Almenèches est confirmée dans une bulle pontificale d'Alexandre III en 1178.
Au XVe siècle, le chevalier Guillaume Mambeville (en 1429) puis l'écuyer Jean Elis (en 1455), avouent* détenir une vavassorie franche et noble 'assise en la paroisse de Camembert' qui, bien qu'elle ne soit pas nommée, peut être identifiée avec certitude au domaine de la Bretèche.
En 1661, un acte de vente concernant la terre et la vavassorie noble de la Bretèche est établi entre Jacques de Calmesnil sieur de la Roque, Artus Antoine Aubert , seigneur de Beaumoncel et Philippe du Moulin, sieur de la Fontenelle. Philippe du Moulin, issu d'une famille d'apothicaires et d'avocats d'Argentan sera anobli en 1697, il adjoindra
'de la Bretèche' à son patronyme.

Comme en atteste le plan terrier de 1775 la plus grande partie du domaine, décrit dans l'aveu de Jean Philippe du Moulin de la Bretèche en 1759, restera propriété de la famille jusqu'à la révolution.

Le relevé du cadastre de 1827, montre que les bâtiments et les terres de l'ancienne vavassorie sont restées ou revenues en possession des descendants des 'La Bretèche'.
La propriété restera dans cette famille jusqu'en 1980, puis sera vendue plusieurs fois avant son acquisition
par Me et M. Reyboubet.
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* Un Vavasseur occupait le degré inférieur de la noblesse féodale. Le vavasseur de La Bretèche était lié à l'abbesse d'Almenèches par un 'aveu' : une déclaration par laquelle il reconnaissait son allégeance et ses obligations (droits seigneuriaux et services personnels).

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Vue d'ensemble du domaine c Le manoir d
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Sur le plan-terrier, les bâtiments dispersés sont ordonnés autour d'une 'cour' ouverte. L'ensemble et le jardin qui l'accompagne sont isolés du reste de la parcelle par des tallus arborés (b). Dans l'inventaire de l'aveu de 1759, l'écuyer J. P. du Moulin de la Bretèche décrit ce clos qui consiste 'en quatre corps de logis servants à différents usages le tout de fonds en comble avec les greniers dessus, avec grange et estables, presoir, cave ; un colombier à pied, une cour plantée d'arbres, un jardin à légumes
et un petit pré'
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Aujourd'hui, on retrouve les mêmes implantations (c), le manoir, la boulangerie, la charreterie (g), le long bâtiment au nord abrite : grange, étables et pressoir. Le pigeonnier a disparu et a peut-être été remplacé au XIXe siècle par le petit bâtiment situé à l'ouest dont l'usage reste inconnu (h). Un lavoir couvert et son bassin n'apparaissaient pas sur le plan de 1775 (e).
La charpente des murs du logis est très hétérogène et porte les marques de plusieurs destructions et remaniements. Une partie du bâtiment actuel, limitée au niveau du faîtage par deux cheminées, possède un premier niveau daté du XIVe siècle (d,f). Il est caractérisé par une ossature massive avec encorbellement faite de gros poteaux agrémentés de solide consoles. Le colombage est rare, épais, serré et garni de torchis. La déclitivité du terrain est telle que ce rez-de-chaussée devient le premier étage de l'extension construite au XVIe siècle (d). La présence d'un encorbellement en façade suppose l'existence, à l'origine , d'un niveau supérieur. Certainement détruit, cet étage n' a été reconstruit qu'au XIXe siècle, il fut utilisé comme séchoir à chanvre et à lin (d).
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Le lavoir et son bassin e
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Détail : charpente du XIVe siècle f
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Manoir, boulangerie et charreterie g Vue sur la vallée de la viette depuis la 'cour' de la Bretèche h

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En 1999, les dégats occasionnés par la tempête, ont considérablement rétardé la restauration du site et expliquent l'inachèvement des travaux. M. Reyboubet nous précise que les réfections des couvertures et du logis ont été réalisées en priorité.
Après avoir répondu à l'invitation des propriètaires, le groupe participe à une dégustation de cidre et poiré, puis il se sépare non sans avoir remercié nos hôtes de leur accueil chaleureux et avec en poche l'adresse du dernier fromager de Camembert.
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