Le manoir de La Chênaie

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Dessin de la parcelle d'après le C.N. de la commune d'Ecorches a

Propriété de Madame Paulette Relange
Commune des Champeaux

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L'origine des différents bâtiments de cette exploitation est inconnue. Aucun document écrit ou de style lapidaire n'a permis de préciser les dates de leur construction
(ou de leur reconstruction).
Une première trace de leur existence pourrait être le symbole du hameau "Le Cheney" qui figure à proximité des villages des 'champeaux' et des 'ligneries', sur la carte de Cassini en 1761. Le nom "La Chesnaie" apparaît sur le plan-terrier de la paroisse des 'Lignerits' (établi vers 1780). Le domaine faisait alors partie du fief de Baufour et serait tenu par un Sieur Morand.

Le toponyme "la Chesnaie" se retrouve également sur le cadastre napoléonien, celui-ci représente l'implantation de tous les bâtiments actuellement visibles sur la parcelle à l'exclusion de la petite construction située au premier plan sur la photo (b) qui correspond à l'ancienne bouillerie
datée de la fin du XIXe siècle.

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Vue d'ensemble du domaine b Le manoir c
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Construit à flanc de colline, le domaine est aujourd'hui scindé en deux propriétés.
Sur la partie basse (non visitée), le long bâtiment agricole qui abritait autrefois les éléments de la cidrerie a été transformé en logements (a1, b). Cette restauration réalisée en dehors des 'manières de bâtir' traditionnelles a perdu beaucoup de son authenticité .
Sur la hauteur, le groupe sera accueilli par Mme Paulette Relange propriétaire des autres éléments de l'ancienne exploitation : maison d'habitation (a2,b,c), boulangerie (a2,c), vacherie (a2,b). C'est avec beaucoup de gentillesse qu'elle nous ouvrira ses portes et qu'elle nous guidera
au cours ce cette première visite.
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_Le Manoir (c) *

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Détail d'un support de poteaux et du solin en roussier d
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Détail de la charpente d'une travée e
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Cette habitation à pans de bois est typique des constructions rurales traditionnelles du Pays d'Auge . Les soubassements et les blocs de pierres taillées qui supportent l'ossature sont ici en grès (d : grès gris et grès roussard en façade). La charpente des murs gouttereaux présente plusieurs travées dont le cadre (e) est limité par deux poteaux (poteau cornier, poteau d'huisserie) et par les sablières basses (soles) et hautes (pannes sablières). Cette structure est stabilisée par des doubles écharpes. le colombage vertical est relativement serré (écartement voisin de deux fois la section du colombage). Il est coupé par les sablières intermédiaires (sablière haute du premier niveau). Le hourdis est en torchis recouvert d'un enduit de chaux grasse.
Ces éléments architecturaux, la nature des matériaux et des traces de maçonnerie retrouvées à l'intérieur du bâtiment laissent penser que la construction aurait été mise en oeuvre en une ou deux étapes entre le XVIe et le XVIIe siècle.

Le toit à deux versants et à deux croupes (c,f) est lui aussi très caractéristique du paysage augeron. Il présente deux lucarnes simples (sans croupe) sur le flanc sud-est. La couverture est en tuiles plates (grand gabarit, façon XVIIe siècle). La souche, apparente au niveau de la panne faîtière est en briques, Elle correspond aux grandes cheminées couplées dos à dos du rez-de-chaussée. Le massif en pierre qui apparaît dans le mur latéral ouest (f) correspond à deux cheminées qui desservaient les deux niveaux du manoir avant la disparition de leurs systèmes d'évacuation.

La façade méridionale dispose d'une entrée centrale et ses autres ouvertures sont encore équipées de crochets de volets datant du XVIIIe siècle (c,f). La protection du hourdis et des pans de bois des façades exposées à l'ouest et au nord est ou sera, (des travaux sont en cours), assurée par un essentage en châtaignier réalisé à l'ancienne (g). Cet ouvrage rarement observé est un bel exemple de restauration réussie, l' oeuvre d'un artisan charpentier compagnon du Tour de France.
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Façades du manoir exposées au sud-ouest f Détail de l'essentage du mur latéral ouest g

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Le charme très particulier qui émane de cette vieille demeure doit beaucoup au dynamisme et à la passion de sa propriétaire. En 2006 le Grand Prix des Maisons de France récompensa Mme Relange pour la qualité des restaurations qu'elle avait entreprises*. C'est avec beaucoup d'enthousiasme qu'elle propose de nous accompagner vers notre prochaine étape.
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* Lire un article de Chantal Pontvianne dans "Maison Paysanne de France" n°164 (2007)
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