Chaise-Dieu-du-Theil (27)
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Le village de Chaise-Dieu doit son existence à l'abbaye de l'ordre de Fontevrault située sur son territoire. Les communes de Chaise-Dieu et du Theil ont été réunies en 1836.
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 Au XIIe siècle, un ermite nommé Hugues, bénéficiant des largesses de Robert Ier comte de Leycester, établit un prieuré au lieu dit Le Désert en forêt de Breteuil.
Apprécié également de Richer II, baron de l'Aigle, Hugues du désert reçut en libéralité, près du village de Chéronvilliers, un territoire suffisamment vaste pour y construire un monastère. Jugé impropre à la réalisation d'un tel établissement, ce projet fut abandonné et réduit à la construction d'une chapelle dédiée à Saint-Clair. Ce lieu nommé Casa Dei (maison de Dieu) est connu aujourd'hui sous le nom de Vieille-Chaise-Dieu.
C'est en 1128 que Richer propose l'emplacement actuellement occupé par le prieuré. Le monastère se construira en quatre ans et l'église de la nouvelle 'Chaise-Dieu' sera bénie en 1132.
En 1146, Hugues du Désert, premier abbé de Chaise-Dieu se soumet à l'ordre de Fontevrault et lui transmet tous les biens reçus de Richer II. Le baron ratifie cet accord par une charte en 1147*.
(* d'après "Histoire des Antiquités de la ville de l'Aigle" - J.G. Vaugeois - 1841)
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Portail d'accés ouest (XVIe) a Détails des médaillons b Décors géométriques des XVIe et XVIIe siècles c

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Pignon sud du bâtiment - Echaugette greffée sur la construction du XVIe siècle d
Cadran solaire e
 Vue du bâtiment occidental depuis le logis prieural f _

Le prieuré est un exemple de construction en matériaux composites présentant de grandes variétés de décors géométriques. Ses bâtiments forment un ensemble architectural assez impressionnant. Très remanié, il est difficile de dater les nombreuses transformations apportées au cours des siècles.
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L'essentiel du bâti couventuel date des XVIe et XVIIe siècles. Le portail d'accès en grès forme une arcade en tiers-point fermée par une clé aux armes de la ville de l'Aigle (a). Les piedroits sont décorés de médaillons de style François Ier (b). L'ouverture perce une façade dont les décors en échiquiers ou en losanges associent silex, grès et briques. Le travail des cartouches de silex à joints pincés est particulèrement soigné (a,c à droite). Cette partie du bâtiment fait suite vers le sud à une structure plus ancienne aux chaînages en grès et aux appareils assisés en silex (d). Vers le Nord, elle se prolonge par une construction du XVIIe siècle où la brique remplace le grès de l'ossature et dessine sur les murs en silex de longs rubans rougeâtres
(c à gauche).
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Le pignon sud présente un curieux cadran solaire orné d'un écusson tranché à trois fleurs de lys (d,e). Il pourrait avoir été gravé en l'honneur du passage en 1663 de Jeanne de Bourbon petite fille d'Henry IV ou indiquer plus simplement l'appartenance royale de l'abbaye. La date 1850 lisible en bas et à droite du cadre est anachronique.
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Le portail s'ouvre sur une cour entourée de bâtiments conventuels. Certains présentent des décors géométriques caractéristiques de la période gothique (f), d'autres de simples tapisseries de silex multicolores cernées de briques et de grès (g). Communs, moulin en ruine, logis prieural, pressoir, rappellent quelques éléments de la vie quotidienne des soeurs fontervistes. Mais dévastée en 1791, la propriété a gardé peu de traces de son passé religieux. Derrière un portail moderne, il ne reste de l'église abbatiale du XIIe siècle qu'une partie de la muraille sud. Construite entièrement en moellons de grison, elle a conservé ses petites fenêtres en plein cintre (h). Il semble miraculeux qu'une statuette médiévale de la vierge à l'enfant et une inscription lapidaire aient pu échapper à la tempête révolutionnaire (i).
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Un grand merci au propriétaire Mr Martin Bernard d'avoir accepté de nous ouvrir ce domaine magnifique.

Le logis prieural g Ruines de l'église abbatiale du XIIe siècle h Statue et inscription lapidaire i
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