2- La chapelle Saint-Germain à Querqueville
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Cette chapelle (classée MH) est dédiée à Saint-Germain. Bien qu'aucune trace n'atteste son passage à Querqueville, il s'agirait du légendaire St-Germain 'à la rouelle' (ou 'de la mer' dit 'le Scot'). Cet évangélisateur de passage au Ve siècle dans le Cotentin est célèbre pour avoir terrassé le dragon du trou Balligan à Direth (Dielette), un symbole local du paganisme.
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Lithographie du XIXe siècle de TH. de Moncel (BN) a
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L'édifice, souvent qualifié d'archaïque, est de dimensions modestes (17x13m). Il est orientée est-ouest. Le chevet et le croisillon forment une structure trilobée sur laquelle vient se greffer une petite nef rectangulaire. La tour-clocher massive, est érigée à la croisée du transept (a,b).
L'examen de la maçonnerie extérieure permet de distinguer plusieurs périodes de construction ou de restauration. L'appareil en arête-de-poisson caractérise toute les parties courbes du bâtiment (a,c) alors qu'il apparaît régulier et horizontal au niveau de la nef et du clocher. Malgré un souci évident d'homogénéisation, on remarque aisément l'originalité du décor en pierre taillée utilisé en 1655 au moment du rehaussement de la tour (d).

Aux dires des guides, l'intérieur (que nous n'avons pas visité) présente deux curiosités en forme d'énigmes que les historiens et archéologues n'ont pu résoudre.Tout d'abord, la statuaire de la chapelle ignore totalement Saint Germain. D'autre part des restes de fresques indéchiffrables ont été découverts à la base des murs du transept nord et du cœur (e). En fait l'histoire de la chapelle pose beaucoup d'autres questions auxquelles il est difficile de répondre.

La chapelle St-Germain, aspect en 2006 b Détail d'une ouverture dans l'appareil en opus spicatum c Détail de la partie rehaussée du clocher d

La chapelle construite sur un promontoire à 48 m d'altitude domine toute la côte entre l'anse de Querqueville jusqu'à la Petite Rade du port de Cherbourg. Il semble peu probable que ce site exceptionnel ait pu échapper à l'attention de nos lointains ancêtres. Au début du XIXe siècle, cette réflexion fut à l'origine d'une l'hypothèse selon laquelle l'édifice chrétien serait construit à l'emplacement d'un lieu sacré ou d'un temple 'gaulois'. Des fouilles réalisées par le GRAC entre 1975 et 1977 permirent de mieux comprendre l'évolution du site sans toutefois confirmer l'existence d'une telle origine*.
Sous la chapelle actuelle, les fouilles ont mis au jour les fondations maçonnées d'un édifice paléochrétien (f) composé d'une nef rectangulaire (9,5x6,5m) et d'un coeur plan carré (5m). L'ouvrage était construit lorsque les sarcophages représentés (f ) ont été mis en place au VIIe siècle. Cette construction, probablement en torchis et colombage, a-t-elle été détruite ? D'après l'auteur de la fouille, elle fut agrandie ou remplacée par une construction à plan tréflé en pierre (opus spicatum) à la fin du IXe ou au début du Xe siècle*.

* R. Dold dans "L'Archéologie Médiévale" VIII 1978.

Fresque du moine au bonnet d'âne (d'un article de M.H. Didier. CG Manche) e Dessin réalisé d'après les textes et plans de R.Dold* f

vers Le Service Historique de la Marine vers la carte et le résumé vers le château de Nacqueville