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ÉCUMEURS DE RIVAGE - de la Préhistoire au XXe siècle.-(5)
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"À CHACUN SON BUTIN"

L'abondance et la diversité des ressources de l'estran ont suscité jalousies et convoitises, elles sont à l'origine de nombreux conflits et ont fait naître et évoluer une réglementation drastique qui, pendant près de mille ans, a sauvegardé des privilèges accordés
à la noblesse et aux communautés religieuses.

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Page de garde de la 'Coutume de Normandie' (1759)
(Bibliothèque Universitaire de Caen) _

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POSSESSION et CONTRÔLE des ressources du littoral

Dès le Xe siècle, les textes juridiques font état de droits accordés aux seigneurs et aux établissements religieux et de servitudes imposées aux populations côtières.
Dans le Duché de Normandie, les ducs puis plus tard les rois de France possédaient des droits sur les rivages et sur la mer. Le 'Très Ancien Coutumier de Normandie', le 'Grand Coutumier' (XIIIe siècle) puis la 'Coutume de Normandie' (XVIIIe siècle) définissent, dans un chapitre dit
'DE VARECH', une réglementation des collectes et des pêches sur l'estran.
Les mesures imposées marquent nettement la différence entre les collectes d' épaves abandonnées par la mer, et les collectes nécessitant l' intervention d' un"pêcheur". Ces ressources appartenaient de droit au duc (ou au roi) qui souvent en laissait la jouissance au seigneur local puis, sous l' autorité de celui-ci, à la population de son fief.
Ce droit coutumier resta officiellement en application jusqu'à la Révolution. En fait, les réglementations en vigueur furent maintenues après cette date et pour certaines jusqu'au milieu du XXe siècle.
La législation actuelle cherche essentiellement à sauvegarder l'équilibre écologique de l'espace littoral et à préserver une ressource en voie de disparition.
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_FRAUDE et CONTREBANDE
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De tout temps, par défi ou par nécessité, c'est dans la clandestinité que les populations côtières les plus défavorisées trouvèrent des moyens de subsister. Malgré des peines souvent sévères, elles n'hésitèrent pas à braconner ou à développer, en bandes organisées, des pratiques illicites et quelquefois criminelles.
Ainsi l'article XLIV de l'ordonnance de la marine de 1681 prévoyait la peine de mort pour "les seigneurs, ou tous autres, coupables d'attirer les navires dans les écueils en allumant des feux trompeurs pour en profiter à l'occasion du droit de varech ou sous quelqu'autre prétexte".
Depuis le XVIIe siècle, la situation particulière des îles anglo-normandes favorisa le trafic clandestin de marchandises diverses entre la France et l'Angleterre. Taxations, protections commerciales, conflits furent autant de prétextes évoqués pour entreprendre une contrebande de textile, de tabac, de nourriture, d'alcool ou d'armes.
Ces activités clandestines laissèrent peu d'archives mais les côtes de la Hague en conservent les traces.
Sur le chemin des douaniers, s'il n'est pas rare de rencontrer les restes d'anciens postes de surveillance
en pierres sèches, il "faut connaître" pour découvrir
une planque ou une cache à fraude. _

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Douanier en faction à Port-Racine
Sur une carte postale (Coll. du GRAC)
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Planque à fraude à Beaumont-Hague
Photo (Collection du GRAC)
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Tabac, café, armes : contrebande depuis le XVIIe siècle.
1-, 2- pots à tabac (Musée de Normandie, Caen) ;
3- café ; 4- armes (Mémorial de Caen)
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voir et revoir les pages : 1, 2, 3, 4,-.

 

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